Les arbres en bord de route

Contenu du dossier résumé ci-dessous :Lieuran re capture texte

-- l'essentiel en 2 mots

-- Pourquoi  y a-t-il des arbres au bord des routes en France

-- Les textes, les recommandations.

-- Les arbres trop près de la route souffrent aussi et meurent

-- Les glissières ne sont pas la solution possible partout.

-- 15 solutions possibles pour réduire le danger des arbres en bord de route

-- La réduction de la vitesse est salvatrice.

(Un dossier plus complet avec photos est disponible en cliquant sur le lien Arbres et routes

L'essentiel en 2 mots

Arbres ralentir 1Si les arbres sont à plus de 2,50 m il est possible de placer des glissières. Si les arbres sont à moins de 2,50 m la solution glissières n'est pas bonne car cela engendre des dangers de collision frontale, dans ce cas les solutions sont : s'il s'agit de beaux alignements les conserver et réduire la vitesse (60) sur des courtes sections ou tout au moins bien informer (photo ci-contre) , s'il s'agit d'arbres isolés, chétifs, il faut les abattre. On peut toujours replanter des arbres à plus de 4 m.

D'abord un peu d'Histoire : pourquoi  y a-t-il des arbres au bord des routes en France ?

 

Ordonnance de henri lll cadreC'est Henri II en 1552 qui demanda de planter des ormes pour "les besoins de chacun et pour les affuts et remontage de l'artillerie". Puis Henri III, en 1583 (texte ci-contre) pour protéger l'emprise des chemins contre le grignotage par les cultures riveraines. Puis Louis XV le 3 mai 1720 pour préserver une largeur de soixante pieds. Notons que dans tous ces textes ne se trouve aucune raison liée à l'embellissement du paysage.

Au début du 19ème siècle, dans le but de réduire la poussière soulevée par les véhicules, l'État intensifia les plantations d'arbres en bord des routes. Cette nécessité disparut au début du 20ème siècle par l'apparition du goudronnage des chaussées.

Au milieu du siècle dernier, on planta des peupliers dans le but de fournir le bois nécessaire à la fabrication des allumettes. Une majorité de ces peupliers ne fut, en définitive, pas exploitée par la SEITA et ils restèrent au bord des routes avec les risques générés par leur vieillissement au-delà de 40 ans.

Actuellement, aucune raison spécifique ne justifie la plantation des arbres en bord de routes sauf la tradition, et parfois pour quelques alignements, leur beauté.

 

Les textes, les recommandations.

 

Depuis plusieurs décennies, la politique "officielle", c'est-à-dire globalement celle de la "Sécurité Routière" (CEREMA, DSCR - ministère), est qu'il est préconisé d'établir, en bord de chaussée, une zone de sécurité dépourvue de tout obstacle.

Cette zone de sécurité est :Zone securite ab6

à quatre mètres en aménagement de routes existantes

à sept mètres pour les aménagements neufs ou en cas d'implantation d'obstacles nouveaux sur des routes existantes.

Ces recommandations sont données par l'ARP (Aménagement des Routes Principales). Théoriquement, les "routes principales" sont les routes dont le trafic est supérieur à 1500 v/j. Compte tenu de l'augmentation générale du trafic, ce chiffre est actuellement trop bas car cela correspondrait en fait à la majorité des routes empruntées couramment par les automobilistes. Les recommandations de l'ARP s'appliquent aux gestionnaires des routes nationales (RN)  et, "si elles le souhaitent, aux collectivités responsables d'un réseau routier" (en fait les départements et les régions).

Il serait souhaitable que  les gestionnaires des Routes Départementales (RD) adoptent au moins un recul de 4 m en veillant à ce que le fossé ne constitue pas par lui-même un danger : qu'il ne soit pas trop proche de la chaussée ni trop profond. Pour les arbres déjà existants, en rase campagne, il faudrait ne conserver que ceux qui sont au moins éloignés à 4 m, distance qui permet de placer des glissières.

 

Les arbres trop près de la route souffrent aussi et meurent

 

Les DDTM et les Conseils Généraux sont soumis à des pressions pour ne pas abattre trop d'arbres car il se trouve toujours de faux écologistes, ou des ignorants, pour défendre les arbres même s'ils sont trop proches de la route ; or cette position est indéfendable, et les vrais écologistes le savent, ainsi que les accidentologues qui ont réfléchi.

Un arbre est un être vivant : on le plante, il grandit, il vieillit, il devient malade (les peupliers vers 40 ans, d'autres plus vite, d'autres moins vite) et il meurt.  Donc c'est normal qu'on les remplace par de nouveaux.

Ici intervient la proximité de la route : plus ils sont proches, plus ils souffrent, donc si on en replante, on a intérêt "écologiquement"  à les replanter assez loin.

Quatre raisons pour lesquelles les arbres souffrent lorsqu'ils sont trop proches de la route.

1. Les chocs des véhicules sur l'écorce : voitures qui se garent ou qui ont un accident, faucheuses.  On ne se rend pas compte des blessures quand on circule : il faut s'arrêter pour voir, à pied : il y a une ou des blessures sur presque tous les arbres et c'est par là qu'entrent la plupart des maladies: elles entrent dans le tronc, on ne voit rien, elles montent à l'intérieur pendant 3 ou 4 ans et l'arbre dépérit.

2. Le tassement du sol : plus on est proche de la route, plus le sol avoisinant est tassé par les voitures. Un sol tassé est très néfaste pour la croissance et la bonne vie de l'arbre.

3. Les poussières produites et soulevées par les voitures particules de pneus, de gazole, de garniture de frein, poussière naturelle: les voitures qui passent entretiennent un brassage, peu visible, autour de la route, et plus on est proche, plus les feuilles des arbres reçoivent des dépôts : la pluie ne les enlève pas ! Ces poussières recouvrent les feuilles et empêchent ou réduisent la fonction chlorophyllienne.

4. Le sel de déneigement (chlorure de sodium).  Le chlore attaque les feuilles, le sodium se bloque dans les parties colloïdales du sol et l'eau ne peut plus véhiculer les éléments fertilisants et nutritifs, vers les racines.

 

Les glissières ne sont pas la solution possible partout.

 

Si les arbres sont à moins de 2,50 m on ne peut pas raisonnablement poser de glissières, car on créerait des dangers encore plus grands de collision frontale. Sur les sections où les arbres sont à plus de 2,50 m, il est possible de poser des glissières, mais souvent les ingénieurs en ont déjà posé .

Pourquoi les glissières sont-elles dangereuses si les arbres sont à moins de 2,50 m ? Il faut savoir que pour qu'une glissière fonctionne il faut qu'elle dispose derrière elle de la largeur suffisante pour se pencher en arrière au moment du choc : elle doit donc être placée au moins à 90 cm devant l'arbre (50 cm mini mini) sinon le choc n'est pas amorti et la glissière ne sert à rien, c'est comme si on cognait directement l'arbre.

Si donc l'arbre est à moins de 2,50 m, la glissière qui sera placée à 90 cm devant les arbres ne laissera subsister qu'une largeur d'accotement de 1 ou 2 mètres : les véhicules rouleront donc entre deux rails et en cas d'incident quelconque (déviation de trajectoire ou manœuvre d'urgence)  ils heurteront la glissière proche et seront renvoyés immédiatement en ricochet sur leur gauche, sur les véhicules venant en face dans l'autre sens, et ce sera l'accident frontal, plus grave car impliquant deux véhicules, donc plus de personnes seront tués. Beaucoup d'accidents de ce type sont constatés.

Si néanmoins on pose des glissières dans de tels cas, la vitesse doit être limitée à 70 km/h du fait du risque de collision frontale.  En conséquence, dans les sections où les arbres sont à moins de 2,50 m, AVEC OU SANS GLISSIERES, la vitesse doit être limitée à 70 km/h (60 serait encore mieux) en indiquant impérativement la raison par un panonceau "arbres" sous le panneau 70.

 

15 solutions possibles pour réduire le danger des arbres en bord de route

 

1 - Replanter réglementairement assez loin de la chaussée : Si possible à 7 m, sinon au moins à 4 m. Cela permettra déjà d'avoir suffisamment de largeur pour implanter des glissières lorsque les arbres existants seront abattus et que les nouveaux derrière, auront grandi.

2 - Il est aussi possible de négocier avec le propriétaire riverain pour planter les nouveaux arbres sur son terrain.

3 -  dans un alignement existant on peut garder 3 ou 4 arbres tous les 200 m, protégés par une glissière qui ne fait pas l'effet "rail" ci-dessus puisqu'on implanterait seulement environ 60 m de glissière tous les 200 m afin de disposer de 100 à 150 m de libre entre chaque bosquet, pour servir de bande d'urgence. Les autres arbres intermédiaires sont abattus, mais l'aspect esthétique est sauvegardé.

4 - Pour des alignements modérément éloignés environ 2 mètres) faute de pouvoir appliquer les deux premières solutions ci-dessus, abattre trois arbres de temps en temps pour y réaliser un refuge.

5 - Une bonne solution est de se contenter de planter des arbustes, mais attention : arbuste ne signifie pas "arbre jeune", car l'arbre jeune va grandir. Il faut bien vérifier l'essence de l'arbuste afin de prévoir sa croissance et son développement.

6 - Abattre les arbres isolés, qui n'ont aucune valeur esthétique et ceux qui sont rabougris, malades ou dont l'espérance de vie est limitée.

7 - Supprimer les plantations d'un intérêt paysager faible ou contestable, comme par exemple celles situées en zone boisée

8 - Ne pas regarnir l'alignement en replantant des nouveaux dans l'espace laissé libre par les arbres morts. Il est préférable de réaliser un nouvel alignement à 4 m derrière et si possible 7 m.

9 - Pour les arbres trop proches situés dans les propriétés voisines de la route : négocier avec les propriétaires du terrain l'abattage des arbres concernés et la replantation en retrait, sur leur terrain,

10 -   réduire la vitesse sur de courtes section.  Pour les très très beaux alignements existants, il est toujours possible exceptionnellement de prendre des dispositions particulières, surtout s'ils se trouvent juste avant l'entrée de la ville et d'une longueur ne dépassant pas un ou deux kilomètres : la solution est dans ce cas de limiter la vitesse à 60 km/h  en indiquant impérativement la raison par un pannonceau "arbres" sous le panneau 60 : ce sera supportable si la qualité de l'alignement le justifie et si on ne généralise pas exagérément cette solution. À 60 km/h, le choc contre l'arbre sera suffisamment  amorti par la déformation de l'avant de la voiture.  Ne sous-estimons pas ici le rôle important des passagers : si l'on indique pourquoi la vitesse est limitée à 60, le conducteur ne pourra pas négliger la pression des passagers qui lui diront de ralentir.

11 - Pour les arbres trop proches à moins de 2,50 m), sur des sections de route plantées de plus  grande longueur, constituant en général des alignements moins réguliers, voire très distendus : placer un panneau "Arbres, ralentir", tous les kilomètres, pour faire prendre conscience du danger. Possibilité supplémentaire de marquer "Arbres" sur la chaussée.

12  - Pour les alignements éloignés de plus de 2,50 m, interposer des glissières de sécurité

13 - Peindre le tronc des arbres en blanc : cela les rend bien visibles surtout la nuit

14- Rétrécir visuellement la largeur circulable de la chaussée par marquage des rives.

15- Tenir un "registre des planteurs" pour leur faire prendre conscience que l'on pourra savoir, 20 ans plus tard, si accident mortel survient, qu'ils seront responsables de ne pas avoir suivi les recommandations.

 

La réduction de la vitesse est salvatrice.

 

Les défenseurs de la vitesse vous diront que cela ne sert à rien d'abaisser la vitesse à 80, 70 ou 60 km/h  au lieu de 90 km/h "car en cas de collision contre un arbre, de toute façon, quelque soit la vitesse, on est mort". Une telle affirmation totalement est fausse et ceux qui le disent le savent très bien mais font croire le contraire car ils ne veulent pas que l'on abaisse les vitesses autorisées.  

C'est faux car première minoration : l'énergie d'un choc est proportionnelle au carré de la vitesse. De ce fait, par rapport à une vitesse de 90 km/h la force du choc subit par la voiture n'est plus que de 79% à 80 km/h, de 60% à 70 km/h et 44% à 60 km/h.

Ensuite, deuxième minoration : rappelons-nous qu'en cas de collision, la partie avant de la voiture se déforme en accordéon et encaisse une partie du choc. Ce test-choc est réalisé à 60 km/h environ, donc par rapport à une vitesse de 90 km/h, si on circule à 80 km/h on est plus proche d'1/3 de la vitesse du test-choc et le choc subit par le corps contre les éléments agressifs de la voiture (parebrise, tableau de bord, colonne de direction, etc.) n'est donc que 67% du choc subit à 90. À 70 km/h il n'est plus que de 33%, et à 60 km/h on est totalement retenu par la ceinture, .

En tenant compte de ces deux modérations (énergie cinétique et déformations de l'avant de la voiture), les dégâts subits en finale par le corps sont minorées selon les valeurs suivantes par rapport à la vitesse de 90 km/h :

-- à 80 km/h : 0,79  x 0,67 = 0,53 c’est-à-dire 53% des dégâts corporels qui seraient subis à 90 km/h.

-- à70 km/h : 0,60 x 0,33 = 0,20 c’est-à-dire 20% des dégâts corporels qui seraient subis à 90 km/h

-- à 60 km/h : 0,44 x 0,00 = 0,00 c’est-à-dire proche de zéro par rapport aux dégâts corporels qui seraient subis à 90 km/h.

Ces chiffres concernent les risques de mort et de blessures graves, mais il restera bien sûr les désagréments causés par la ceinture et les blessures légères qui seront plus ou moins ressenties selon la constitution des occupants : âges, poids, etc.

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Un dossier plus complet avec photos est disponible en cliquant sur le lien :  Les arbres au bord des routes

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